Epaissir une phrase avec la bande accordéon
Il n’y a pas toujours besoin d’un dispositif complexe pour travailler la syntaxe. Ici, c’est une simple bande de papier pliée en accordéon.
L’objectif est de passer d’une phrase minimale à une phrase enrichie, en rendant visible le travail d’épaississement.
Cette phrase apparaît seule lorsque la bande est pliée. Les autres plis sont laissés vides.
À chaque dépliage, les élèves ajoutent une précision pour que la phrase s’épaississe progressivement : adjectifs, compléments circonstanciels, compléments d’objet, etc. On peut aussi ajouter des synonymes de certains mots pour être plus précis.
L’accordéon permet à la fois de revenir à la phrase minimale, de tester une suppression, un déplacement ou une modification d’un groupe de mots.
Le dispositif permet de manipuler la phrase comme un objet, ce qui est plutôt ludique pour les élèves et faisable dès le CP !
Ce qui est pas mal, c’est que l’accordéon rend visibles plusieurs notions essentielles :
- la différence entre phrase minimale et phrase enrichie, et comment on passe de l’une à l’autre
- le rôle des expansions
- la distinction entre CO et CC
- la mobilité de certains groupes
- la suppression possible de certains éléments
On montre aussi aux élèves quelques automatismes pour enrichir une phrase, que ce n’est pas l’allonger au hasard, mais surtout préciser le sens.
Chaque élève peut avoir sa bande. Pour la rendre réutilisable, il faut tout écrire au crayon à papier (même la phrase minimale). On peut proposer un code couleur : un pli est toujours colorié en rouge (c’est sur celui-ci que l’on écrit le verbe de la phrase minimale) et un autre en bleu (pour identifier le groupe sujet).
Cela peut devenir un rituel sur une semaine, dans le cadre des gammes d’écriture (cf. nouveaux programmes de français au cycle 2) ou un temps court de manipulation syntaxique en grammaire.
Petit questionnement encore en suspens, notamment pour les cycles 3. En formation, j’ai volontairement retiré le déterminant pour pouvoir enrichir aussi le groupe nominal sujet. Mais du coup, ce qu’on propose en première intention n’est plus une phrase minimale. On va avoir : « lapin mange » au lieu de « le lapin mange ».
De la même manière, on ne met généralement pas de majuscule au début, car on pourra ajouter des adjectifs ou des compléments avant le groupe nominal sujet. On ne place pas non plus de point final après le verbe, pour les mêmes raisons. La phrase minimale n’est donc pas parfaitement complète sur le plan formel : elle sert de base de travail destinée à être enrichie.
N’hésitez pas si vous avez des suggestions d’améliorations ou des questions !
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